Attendri par tout le mal que se donnent les hommes pour cultiver leur apparence, Thomas Geffrier assume une démarche proche du reportage tout en construisant une œuvre très personnelle de portraitiste. A l'affût des postures que l'ego imprime aux silhouettes humaines, il attrape ses personnages comme un collectionneur, photographiant vite, pour ne pas perdre l'instantané, la timidité, la part d'enfance, une magie qui ne dure que quelques secondes. Le photographe pense alors se trouver au plus près de la vérité, lorsqu'il saisit ce moment si court où les corps et les visages expriment de manière encore inconsciente et toujours imparfaite ce dont ils voudraient avoir l'air.